Une restauration capitale
La restauration a mené en 2018 a profondément renouvelé le regard porté sur le bâtiment. Des sondages réalisés dès 2006 avaient révélé la présence de peintures murales, suscitant une réflexion approfondie avec l’architecte et la conservation des monuments historiques. « Il a fallu faire des choix », explique-t-elle, car les décors, datés du XIIIe au XVIIe siècle, sont parfois juxtaposés ou superposés. Certaines œuvres ont été conservées pour leur lisibilité, d’autres consolidées puis étendues afin de les protéger. Parmi les scènes visibles, le mur sud offre une représentation du couronnement de la Vierge, entourée de deux anges, avec en dessous des anges musiciens aux couleurs encore éclatantes.
À cet emplacement figurait également un blason de la famille de La Rochefoucauld, celui de Guillaume VI, superposé au décor médiéval. Le choix a été fait de le supprimer, d’autant qu’il apparaît ailleurs dans l’église. Sur le mur nord, deux personnages sont identifiés comme des donateurs. Placés devant un pupitre et faisant face à un dragon, ils ont le visage bûché, tout comme les trois blasons situés au-dessus d’eux. « On ne veut plus du tout de traces », rappelle Caroline Desvars en évoquant les mutilations caractéristiques de la Révolution, destinées à effacer les marques de l’aristocratie.
L’humidité, une menace permanente
Autre élément marquant : une bande noire courant le long des murs, un « litre funéraire », peint lors du décès d’un notable. Elle ne doit pas être confondue avec un chemin de croix, généralement composé de sculptures représentant les étapes de la vie du Christ. Si la restauration a permis de révéler ces trésors, elle s’accompagne également de défis. Des traces de moisissures sont apparues, notamment par capillarité au niveau du sol. La lutte passe par des traitements adaptés, mais aussi par une gestion fine de la ventilation. « Il faut arriver à garder toujours la même hygrométrie à l’intérieur », souligne-t-elle, inévitablement d’ouvrir automatiquement les portes pour maintenir une température stable.